Technique de Rowing pour HYROX®
Station 5 HYROX® : maîtrisez le catch, drive, finish et récupération pour améliorer vos splits et préserver vos jambes sur les stations suivantes.
Ce qui fait gagner ou perdre la station 5
La station 5 de chaque course HYROX® est un 1 000 m sur un Concept2 RowErg. Elle arrive au pire moment : après quatre kilomètres de course à pied, le SkiErg, le Sled Push, le Sled Pull et les Burpee Broad Jumps. Vos jambes accusent déjà le coup, votre fréquence cardiaque est élevée, et le Farmers Carry vous attend 60 secondes plus loin.
La plupart des athlètes traitent cette station comme une pure affaire de condition physique. Ils s’assoient, tirent fort et espèrent que leur moteur cardio tiendra. Ce qui détermine réellement votre split à la station 5, c’est la technique : votre gestuelle est-elle assez efficace pour générer de la puissance via les jambes plutôt que via les bras et le dos ? Et cette gestuelle tient-elle quand le corps est sous pression de course ?
Voici une analyse détaillée des quatre phases du coup de rame, des erreurs qui coûtent le plus de temps à la station 5, et des moyens de maintenir une qualité mécanique quand la fatigue joue contre vous.
Pour comprendre comment la station Rowing s’inscrit dans la structure globale de la course, le Guide Rowing HYROX® couvre la stratégie spécifique, les objectifs de pacing et la configuration du matériel en détail.
Les quatre phases du coup de rame
Chaque coup sur le Concept2 RowErg suit la même séquence en quatre phases : catch, drive, finish, récupération. Comprendre chaque phase comme une unité technique distincte, avant de les assembler en un mouvement continu, est la voie la plus rapide pour construire une gestuelle puissante qui résiste à la fatigue de course.
Phase 1 : le catch
Le catch est la position de départ de chaque coup, atteinte après que le siège a glissé vers l’avant sur le rail. La qualité du catch conditionne la puissance que vous allez générer dans le drive qui suit.
En position de catch, vos tibias sont verticaux (ou aussi proches de la verticale que votre souplesse le permet), vos bras sont entièrement tendus avec une traction droite sur la chaîne de la poignée, et votre buste est incliné vers l’avant à environ 1 heure par rapport à la verticale : une légère inclinaison des hanches, sans arrondir le dos. Vos talons peuvent légèrement se décoller du repose-pieds lorsque vos tibias approchent de la verticale : c’est normal et cela traduit une compression de hanche suffisante.
L’erreur la plus fréquente au catch consiste à se pencher trop en avant et à arrondir le bas du dos pour compenser un manque de mobilité des fléchisseurs de hanche. Résultat : le bras de levier que le dos peut mobiliser dans le drive diminue, et la colonne lombaire se retrouve sous charge au moment de tension maximale. Le catch doit donner une sensation d’énergie en réserve, pas de compression forcée.
Deux repères pratiques : gardez le buste droit et les épaules directement au-dessus des hanches. Si vos épaules sont nettement en avant de vos hanches au catch, votre inclinaison est excessive.
Phase 2 : le drive
Le drive est la phase de production de puissance. Il suit une séquence stricte qu’on ne peut pas inverser sans perdre en efficacité : jambes d’abord, puis le dos, puis les bras.[1]
Poussez avec les jambes. Le siège commence à reculer avant que les bras ne fassent quoi que ce soit. Ce n’est pas optionnel : c’est le socle du mouvement. Les bras restent tendus et l’angle du buste reste relativement constant pendant le premier tiers du drive, pendant que les jambes poussent. Lorsque les jambes sont à mi-extension environ, le basculement du buste commence : inclinez le torse de 1 heure vers l’avant jusqu’à 11 heures vers l’arrière. Ce n’est qu’après que le dos a amorcé son mouvement et que les jambes sont proches de l’extension complète que vous initiez le tirage des bras vers le bas des côtes.
La répartition de la puissance dans un drive correctement séquencé est d’environ 60 % jambes, 20 % bascule du dos et 20 % tirage des bras. Ce n’est pas arbitraire : cela reflète la taille et l’avantage mécanique de chaque groupe musculaire. Vos jambes sont vos muscles les plus grands et les plus forts. Le dos amplifie la force par la bascule. Les bras finalisent le mouvement. Les athlètes qui inversent la séquence, tirant surtout avec les bras, transforment un mouvement de corps entier en un curl biceps. C’est à la fois lent et épuisant.
Un repère mental qui aide : imaginez que vous repoussez les cale-pieds de vous avec les jambes, plutôt que vous tirez la poignée vers vous. La poignée avance parce que vos jambes propulsent le siège vers l’arrière, pas parce que vos bras la halent.
Phase 3 : le finish
Le finish est la position finale du drive, maintenue brièvement avant le début de la récupération. Les jambes sont entièrement tendues, le buste est incliné vers l’arrière à environ 11 heures, et la poignée est ramenée vers le bas des côtes, coudes fléchis et pointant vers l’arrière et légèrement vers le bas. Les poignets sont plats, ni affaissés ni relevés.
Le finish est souvent escamoté, surtout sous l’effet de la fatigue. Les athlètes pressés d’enchaîner le coup suivant bâclent le finish sans compléter le tirage des bras ni la bascule du buste. Ni le dos ni les bras ne contribuent alors à leur plein potentiel de puissance. La conséquence n’est pas un coup lent : c’est une sous-performance systématique sur 200 coups ou plus tout au long du 1 000 m.
Un repère de calibration : au finish, vos coudes doivent se trouver derrière le plan de votre buste, pas dans l’alignement. Si vous voyez vos avant-bras parallèles au sol ou légèrement relevés, le tirage est complet. Si vos coudes sont encore devant votre corps quand vous amorcez la récupération, vous avez arrêté le coup trop tôt.
Phase 4 : la récupération
La récupération est le trajet retour du finish vers le catch. Elle suit la séquence inverse du drive : bras d’abord, puis bascule du buste vers l’avant, puis siège vers l’avant au fur et à mesure que les genoux montent. Bras, dos, jambes : l’image miroir du drive.
La récupération remplit deux fonctions distinctes. La première, évidente, est de vous repositionner pour le coup suivant. La seconde, moins souvent évoquée, est la récupération cardiovasculaire : la brève fenêtre dans chaque cycle de coup où vos muscles ne sont plus sous tension de drive et où votre système peut partiellement décharger. Plus vous précipitez la récupération, plus vous réduisez cette fenêtre.
L’objectif standard est un rapport drive-récupération d’environ 1:2, la récupération prenant environ deux fois plus longtemps que le drive. Ce ratio n’est pas arbitraire : c’est ce qui permet à une cadence de 24 à 28 coups par minute (la plage aérobie standard en rameur) de rester supportable plutôt que frénétique. Les athlètes qui précipitent la récupération réduisent leur fenêtre de repos à chaque coup, ce qui se cumule sur 1 000 m en une fréquence cardiaque significativement plus élevée et une fatigue accélérée.
La récupération doit être contrôlée, légèrement plus rapide en tempo qu’il ne semblerait nécessaire : vous ne vous arrêtez pas pour récupérer, vous gérez votre rythme de retour.[2] Pensez-y comme à une phase de glisse plutôt qu’à une pause.
Les erreurs techniques qui coûtent du temps à la station 5
Les erreurs qui plombent la performance à la station 5 sont prévisibles. Les mêmes défaillances apparaissent chez des athlètes de tous niveaux, et la plupart découlent d’un petit nombre d’habitudes mécaniques faciles à identifier et à corriger avec un travail ciblé.
Pour une analyse approfondie des cinq principales erreurs de Rowing en contexte HYROX®, l’article Erreurs de Rowing en HYROX® détaille chaque erreur, ses conséquences en course et les exercices correctifs spécifiques.
Le tirage précoce des bras : l’erreur la plus coûteuse
Initier le tirage des bras avant que les jambes aient terminé leur poussée est l’erreur technique la plus pénalisante en HYROX® Rowing. Quand les bras commencent à tirer avant que les jambes soient verrouillées, la chaîne cinétique se rompt. La puissance générée par les jambes ne peut plus se transmettre à travers le dos jusqu’à la poignée ; elle se dissipe au point de rupture. Le tirage des bras devient la force principale, sans avoir l’avantage mécanique nécessaire pour compenser ce qu’il court-circuite.
Concrètement : ramer en tirant d’abord avec les bras est plus dur et produit un split plus lent. Pour les athlètes HYROX®, le coût en aval est encore plus lourd : la fatigue des avant-bras et des biceps accumulée sur 200 coups ou plus suit directement dans le Farmers Carry à la station 6.
La correction passe par un exercice : ramez 10 coups avec les bras complètement tendus, en générant tout le mouvement uniquement via les jambes et le dos. Quand vous réintroduisez le tirage des bras, la bonne séquence devient évidente, car vous avez isolé ce que les jambes doivent faire en premier.
Le dos arrondi sous charge
Un bas du dos arrondi au catch ou pendant le drive comprime la colonne lombaire sous tension et réduit le bras de levier que le dos peut contribuer au mouvement. Les athlètes avec des fléchisseurs de hanche raides sont particulièrement exposés : ils ne peuvent pas atteindre un catch profond sans que le bas du dos compense.
Deux axes de correction : un travail de mobilité avant les séances (60 secondes d’étirement en fente avant ou de pigeon par côté améliore notablement la profondeur du catch en trois à quatre semaines), et un repère postural pendant la rame : expirez complètement au finish et vérifiez que votre buste est droit et que votre cage thoracique n’est pas affaissée. Si vous sentez votre bas du dos s’arrondir en cours de drive, votre catch est trop profond pour votre mobilité actuelle.
Le raccourcissement du coup sous la fatigue
Les athlètes fatigués réduisent leur position de catch, n’atteignant qu’un angle superficiel au lieu de la position tibias verticaux. Chaque coup raccourci produit moins de puissance et exige une cadence plus élevée pour maintenir le même split, ce qui accélère encore la fatigue. C’est une erreur qui se cumule silencieusement, car la sensation globale de l’effort ne change pas drastiquement, seulement l’efficacité.
Le repère : poussez consciemment les genoux vers l’extérieur au catch, ce qui ouvre l’angle de hanche et permet une compression plus profonde avant le drive. Les athlètes qui appliquent cela après environ 400 m constatent souvent que leur cadence baisse d’un ou deux coups par minute tandis que leur split reste identique : le coup est plus long et plus puissant sans effort supplémentaire.
La prise trop serrée sur la poignée
Une prise en poing serré sur la poignée du rameur sollicite les fléchisseurs de l’avant-bras à chaque coup. Cela n’apporte aucune puissance supplémentaire et génère une fatigue des avant-bras qui se prolonge directement à la station 6. La bonne prise est une prise en crochet : doigts enroulés autour de la poignée, pouce posé légèrement, sans crispation.
Un contrôle à mi-parcours : au mark des 500 m, ouvrez consciemment les doigts légèrement sur deux coups sans lâcher la poignée. Si la poignée reste en contact, votre pression de prise était excessive. Réinitialisez la prise en crochet pour les 500 m suivants.[3]
Précipiter la récupération après le drive
Sous le stress de la course, le corps cherche à agir. L’instinct est de se projeter rapidement vers l’avant après chaque drive et d’enchaîner le coup suivant le plus vite possible. Cela supprime la fenêtre de récupération cardiovasculaire offerte par chaque cycle de coup, élève la fréquence cardiaque plus rapidement que ne le justifie l’objectif de split, et conduit souvent à un catch mécaniquement médiocre, les athlètes arrivant trop vite en avant du rail, sans contrôle.
La correction : comptez. Drive sur un, récupération sur deux et trois. Imposer un compte donne à la récupération sa durée correcte même quand le corps y résiste. Pour les débutants, travailler ce schéma lors de séances de rame à faible fatigue ancre ce comportement dans les automatismes avant qu’il soit nécessaire sous pression de course.
Comment la technique évolue sous la fatigue
La station 5 arrive après 25 à 50 minutes d’effort de course soutenu, selon votre temps final. À ce stade, vos jambes ont encaissé le Sled Push, le Sled Pull, des sauts explosifs et plusieurs kilomètres de course. Votre système nerveux est sous charge. Votre système cardiovasculaire tourne à régime soutenu. La question n’est pas de savoir si votre technique se dégrade sous ce stress. Elle le fera. La question est de savoir si vous pouvez reconnaître les défaillances et vous corriger avant qu’elles ne s’amplifient.
La façon dont la fatigue attaque spécifiquement le coup de rame est développée dans le Guide de pacing Rowing HYROX®, qui inclut des structures de séances pour s’entraîner sous fatigue accumulée.
Ce qui cède en premier
La première chose à se dégrader sous la fatigue est la séquence du drive. La poussée de jambes est l’élément qui demande le plus d’application consciente dans des conditions fraîches, et c’est aussi le plus coûteux métaboliquement. Quand les quadriceps s’épuisent, le corps compense automatiquement en déplaçant plus de la charge vers les bras : le schéma de tirage précoce. Vous ne le ressentez pas nécessairement, car le coup semble toujours exigeant. C’est l’écran qui le trahit : votre split monte pendant que votre cadence reste stable, signe d’une puissance par coup réduite, pas d’un effort réduit.
La deuxième dégradation concerne le catch. Des fléchisseurs de hanche fatigués réduisent la profondeur de compression, raccourcissant la longueur effective du coup. Le catch devient progressivement plus superficiel sur les 1 000 m au fur et à mesure que la fatigue s’accumule, et la puissance disponible par coup diminue proportionnellement.[4]
La troisième défaillance est la tension de prise. Le stress et l’effort font crisper les mains plus fort comme réponse physiologique. Vous ne le remarquez presque jamais consciemment pendant la rame. Les avant-bras le remarquent ensuite.
Protocole d’autocorrection le jour de la course
Trois repères suffisent pour s’autocorriger en course. Ils sont assez simples pour s’appliquer quand votre capacité cognitive est réduite par l’effort :
Vérification de séquence : vos jambes initient-elles encore le drive ? Si votre split monte et que votre cadence reste stable, réinitialisez mentalement la séquence : jambes, puis dos, puis bras. Un ou deux coups corrigés suffisent souvent à rétablir le schéma.
Vérification de la respiration : pouvez-vous expirer complètement à chaque drive ? Une expiration complète pendant le drive est un indicateur fiable d’un effort aérobie. Si vous ne contrôlez plus votre expiration, si votre respiration est devenue superficielle et réactive, votre effort dépasse le seuil aérobie. Ralentissez de cinq secondes par 500 m et laissez votre système respiratoire se stabiliser avant de retenter l’intensité.[5]
Vérification de la prise : aux alentours des 500 m restants, relâchez consciemment les mains sur deux coups. Réinitialisez la prise en crochet. Cela prend trois secondes et préserve la fonction de préhension pour le Farmers Carry.
Entraîner la technique spécifiquement pour la station 5
Améliorer votre technique de Rowing pour HYROX® demande plus qu’une simple condition physique de rameur. L’adaptation spécifique recherchée est la capacité à maintenir des mécaniques correctes quand vous êtes déjà fatigué des stations précédentes.
Pour une approche structurée permettant de développer cette capacité, le Guide d’endurance Rowing pour HYROX® couvre des protocoles de conditionnement progressifs conçus spécifiquement pour la performance à la station 5.
La séance de rame post-fatigue
L’adaptation d’entraînement la plus spécifique pour la station 5 consiste à pratiquer des mécaniques correctes dans des conditions qui simulent l’arrivée en course. La structure est simple : enchaînez un bloc de 3 minutes de Burpee Broad Jumps au tempo de course, puis asseyez-vous et ramez 1 000 m à votre split cible de course. Faites cela dans les 6 à 8 semaines avant votre course, une fois par semaine.
L’objectif technique de cette séance n’est pas l’allure : c’est de savoir si vous pouvez maintenir la séquence jambes d’abord, un tempo de récupération contrôlé et une prise relâchée après l’effort précédent. Identifier les éléments techniques qui cèdent en premier sous ce schéma de fatigue spécifique vous indique précisément où concentrer votre travail technique lors des séances normales.
Le travail technique à faible intensité
Les quatre phases du coup se construisent par répétition à faible intensité, pas en ramant fort en espérant que le bon schéma émerge. Les exercices les plus efficaces sont des exercices d’isolation : rame uniquement avec les jambes (bras tendus, dos rigide, jambes propulsant le siège), puis rame jambes plus dos (bras toujours tendus, bascule du buste ajoutée), puis le coup complet. Enchaîner cet exercice pendant les 5 premières minutes de chaque séance de rame avant de passer au travail à allure normale ancre la séquence au niveau neurologique avant que l’effort n’entre en jeu.
Pour un guide complet du débutant à l’intermédiaire pour construire le coup de rame en vue de HYROX®, l’article Rowing pour débutants en HYROX® présente une progression technique sur quatre semaines avec les formats de séances.
Intégrer le travail technique dans un plan d’entraînement complet
Le travail de technique de rame s’intègre dans un plan d’entraînement HYROX® en phase de préparation initiale (généralement semaines 1 à 6), avant que l’entraînement ne bascule vers la condition physique et la spécificité allure de course. Le Plan d’entraînement HYROX® montre comment structurer le cycle d’entraînement complet avec la progression Rowing intégrée à chaque phase.
Le Guide des exercices HYROX® couvre comment les huit stations s’articulent et quelles sont les exigences physiques et techniques de chacune dans la structure de la course : un contexte utile pour comprendre pourquoi les décisions de technique à la station 5 impactent les stations 6, 7 et 8.
Référence technique le jour de la course
Une checklist technique courte pour la station 5. Voici les repères qui comptent le plus quand la bande passante cognitive est limitée et que l’écran réclame votre attention :
- Catch : tibias verticaux, dos plat, bras entièrement tendus, buste droit
- Drive : poussée des jambes d’abord ; le siège bouge avant les bras
- Finish : coudes derrière le buste, poignée au bas des côtes, poignets plats
- Récupération : bras d’abord, puis buste vers l’avant, puis siège ; tempo contrôlé, pas précipité
- Prise : prise en crochet tout au long ; vérifiez et réinitialisez à 500 m restants
- Respiration : expiration complète à chaque drive ; si vous ne pouvez pas, ralentissez légèrement
Ces six points ne nécessitent pas un score parfait. En appliquer quatre sur six de façon constante sur 1 000 m suffit à maintenir une rame mécaniquement solide qui protège tout ce qui suit.
FAQ
Quelle est la bonne séquence pour le drive de rame et pourquoi est-ce important ?
La séquence du drive est jambes d’abord, puis bascule du dos, puis bras, dans cet ordre strict. C’est important parce que cette séquence correspond à l’avantage mécanique de chaque groupe musculaire : les jambes produisent environ 60 % de la puissance totale du coup, la bascule du dos environ 20 %, et le tirage des bras les 20 % restants. Inverser cette séquence, tirer avec les bras avant que les jambes aient poussé, brise la chaîne cinétique et transforme un mouvement de corps entier en un curl biceps. Résultat : un coup plus lent qui fatigue les mauvais muscles. Pour les athlètes HYROX®, ramer en dominant avec les bras charge aussi directement les avant-bras avant le Farmers Carry, ce qui amplifie le coût bien au-delà d’un simple split ralenti.
Pourquoi ma technique de rame s’effondre-t-elle quand je suis fatigué ?
La fatigue pousse le système nerveux à revenir à des schémas de compensation familiers. Le plus courant en rame est le tirage précoce des bras : quand les jambes s’épuisent, le corps transfère automatiquement la charge vers les bras, car la traction avec le haut du corps est un schéma moteur plus ancré que la poussée par les jambes. La seconde défaillance fréquente est la réduction de la profondeur du catch, les fléchisseurs de hanche fatigués limitant la compression. Ces deux dégradations sont prévisibles, ce qui signifie qu’elles peuvent être traitées avec des repères d’autocorrection spécifiques : le contrôle de séquence (jambes d’abord) et le contrôle de profondeur (pousser consciemment les genoux vers l’extérieur au catch) sont les deux interventions les plus efficaces en course.
Combien de temps dure la phase de récupération du coup de rame à l’allure de course ?
À une allure aérobie typique en HYROX® de 24 à 28 coups par minute, chaque cycle de coup dure environ deux à deux secondes et demie. Le drive doit occuper environ une seconde de ce cycle ; la récupération le reste, soit environ une à une seconde et demie. Cela correspond au rapport drive-récupération de 1:2 utilisé comme référence en coaching. À ce ratio, la récupération semble notablement plus lente que le drive, ce qui est correct. Les athlètes qui ont l’impression que leur récupération est trop lente sont généralement au bon tempo. Ceux qui trouvent leur récupération confortable et naturelle la précipitent généralement.
Le réglage du frein affecte-t-il la difficulté à maintenir une technique correcte ?
Oui, directement. Un réglage de frein élevé (7, 8 ou 10) exige une contraction des quadriceps quasi maximale pour accélérer le volant à chaque drive. Sous la fatigue, ce niveau de demande par coup fait se dégrader la poussée de jambes plus rapidement, ce qui accélère le glissement vers une rame dominée par les bras. Régler le frein entre 3 et 5 pour l’entraînement spécifique HYROX® et la course permet un coup plus léger et plus fluide qui préserve les jambes sur les 1 000 m complets et pour les stations suivantes. Toutes les séances de rame spécifiques HYROX® doivent être réalisées au réglage de frein de course pour que le rythme et les sensations du coup soient identiques le jour de la course.
Quel est l’exercice le plus efficace pour améliorer rapidement la technique de rame ?
La rame jambes uniquement. Verrouillez les bras tendus et le dos rigide, et ramez en utilisant uniquement la poussée des jambes : le siège recule parce que les jambes poussent, et la poignée suit parce que les bras font office de connexion fixe. Faites 10 coups. Observez comment la puissance vient entièrement de la poussée des jambes. Ajoutez ensuite la bascule du dos : 10 coups avec jambes et dos, bras toujours verrouillés. Puis ajoutez le tirage des bras pour le coup complet. Cet exercice séquencé, réalisé pendant 5 minutes au début de chaque séance de rame, ancre le schéma jambes d’abord au niveau neurologique avant que l’effort n’entre en jeu. Les athlètes qui le pratiquent régulièrement pendant trois à quatre semaines rapportent que le tirage précoce des bras disparaît presque automatiquement lors d’efforts de course modérés.
Notes
Sources
La répartition de puissance 60 % jambes / 20 % dos / 20 % bras en rame reflète l’analyse par plaques de force chez des rameurs d’élite et constitue une référence largement utilisée dans le coaching de rame compétitif. En pratique, les rameurs expérimentés pondèrent encore plus les jambes en misant sur un drive initial explosif, tandis que les débutants déplacent la charge vers les bras, car la traction avec le haut du corps est un schéma moteur plus établi. La répartition 60/20/20 représente l’objectif, pas le point de départ de la plupart des athlètes. ↩
La récupération en rame est parfois décrite comme du « repos actif contrôlé » : l’athlète est encore en mouvement et se repositionne, mais les sollicitations musculaires sont minimes par rapport au drive. L’expression « légèrement plus rapide que le drive » fait référence à la sensation subjective de tempo de la récupération, pas à sa durée réelle. En termes d’horloge, la récupération occupe plus de temps total que le drive aux ratios standard de rame. La confusion vient du fait qu’une récupération contrôlée et sereine semble plus rapide qu’une récupération précipitée et anxieuse, c’est pourquoi les athlètes qui précipitent la récupération croient souvent qu’ils l’exécutent correctement. ↩
La prise en crochet (doigts enroulés, pouce relâché, sans crispation) est la prise standard des rameurs compétitifs précisément parce qu’elle permet de transmettre la traction par les doigts sans activation inutile des fléchisseurs de l’avant-bras. Dans le contexte HYROX®, cela compte bien au-delà de la seule efficacité de rame : le Farmers Carry à la station 6 est principalement limité par l’endurance de la préhension, et la pré-fatigue des avant-bras due à 200 coups ou plus avec une prise trop serrée réduit directement l’allure et la qualité posturale au Farmers Carry. ↩
Les recherches sur la profondeur du catch et la puissance par coup en rame montrent de façon constante une relation positive entre l’angle de compression de hanche au catch et la puissance totale produite par coup. Les athlètes avec une mobilité limitée des fléchisseurs de hanche produisent un arc de coup systématiquement plus court, ce qui réduit la distance sur laquelle le drive génère de la force. Une réduction de 10 degrés de la profondeur du catch correspond à une réduction significative de la puissance par coup, qui doit être compensée soit par une cadence plus élevée (augmentant la fatigue), soit en acceptant un split plus lent. Le travail de mobilité des fléchisseurs de hanche n’est donc pas un bénéfice de souplesse optionnel, mais une variable de performance directe en rame. ↩
La capacité à expirer complètement pendant la phase de drive de chaque coup de rame est un indicateur fiable que l’effort reste dans la zone aérobie. Quand l’effort franchit le seuil anaérobie, la fréquence et le volume respiratoire augmentent au point où l’expiration contrôlée devient impossible : la respiration devient superficielle et réactive plutôt que délibérée. Ce repère subjectif est plus immédiatement utile en contexte de course que la surveillance directe de la fréquence cardiaque, car il ne nécessite aucun équipement et peut être évalué à chaque coup. ↩
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